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« Décidé à ne fréquenter que mes
égaux, je ne fréquente bien évidemment personne puisque je suis sans égal »
Il est bien difficile de résumer l'intrigue de la Conjuration des imbéciles.
Ignatius Reilly, énorme bonhomme de trente ans qui vit toujours chez sa mère, affublé d'une immonde casquette de chasse verte, équipé d'une montre Mickey Mouse, se voit obligé par sa mère de trouver un emploi. Mais étant un asocial caractéristique, son insertion dans le monde du travail ne se fait pas sans difficulté.
Car Ignatius est bavard et ne se prend pas pour de la merde. Ayant fait des études supérieures en littérature médiévale, il est au dessus de tout le monde. Ses pérégrinations vont le mettre au contact d'une galerie de personnages loufoques : l'agent Mancuso, le policier le plus incompétent de la Nouvelle Orléans que l'on force à porter des déguisements ; Burma Jones, le Noir qui passe le balai dans un boui-boui pourri sans en enlever ses lunettes de soleil; Darlène, la strip teaseuse qui se fait déshabiller par son cacatoès...
Les pérégrinations d'Ignatius lui permettent de se moquer des éléments que l'on peut retrouver dans une Amérique du début des années 60 : les beatniks, les chrétiens fondamentalistes, les flics.
Publié il y a trente ans, la Conjuration des imbéciles aborde, avec un humour et un ton décalé, des thèmes toujours d'actualité : emploi mal payé, la télévision, la société de consommation.
« Les conserves sont une perversion, dit Ignatius. Je soupçonne qu'en dernier ressort leur consommation est extrêmement dommageable pour l'âme. »
4,5/5
La conjuration des imbéciles (A Confederay of dunces), John Kennedy Toole, Robert Laffont, 1981, 404 pages
Ce livre entre dans le Challenge nécrophile, catégorie auteur suicidé et mort avant l'âge de 35 ans.