Partager l'article ! La Passante du Sans-Souci, Joseph Kessel: L'auteur, habitué du Sans-Souci ,voit passer tous les jours une femme qui à l'air tourment ...

L'auteur, habitué du Sans-Souci ,voit passer tous les jours une femme qui à l'air tourmenté. Il se décide de l'accoster afin de connaître les causes de ses problèmes. Celle-ci est réfugiée en France avec un enfant juif que les nazis ont rendu infirme lors d'un passage à tabac, son mari est interné dans un camp de concentration en Allemagne.
Pour que son mari puisse avoir une vie décente, elle cherche à tout prix à gagner de l'argent même si cela doit l'amener à s'avilir.
« Quand un être se détruit pour une grande idée ou pour un grand amour, j'ai toujours pensé qu'il a choisi un domaine dont il n'appartient à personne de vouloir le ramener ».
C'était beau mais c'était triste.
A travers les yeux de l'auteur on voit la lente dégradation d'Elsa Wiener, dégradation morale et physique. La description du changement de ce corps en pleine santé à un corps avachi est saisissante.
La fin du roman est aussi terrible. On vient de suivre la dégradation d'Elsa, elle s'est usée pour le bien-être de son mari. Celui-ci réussit à quitter l'Allemagne et est surpris de découvrir que sa femme a changé. Même en apprenant ce qu'elle a fait pour lui, il ne l'aime plus : elle a trop vieilli.
C'est aussi le récit d'une France qui ne veut pas voir que l'Allemagne avance de plus en plus vers le totalitarisme. L'existence des camps de concentration ne semble pas émouvoir les gens plus que ça. La présence de dignitaires de la police politique nazie en France ne semble choquer personne.
La Passante du Sans-Souci, Joseph Kessel, Gallimard, 1936,
5/5
Lu dans le cadre du Challenge nécrophile, catégorie "enterré à Paris"